Ne pas lever la main ne signifie pas baisser les bras !

20 novembre, 2009




Edwige Antier, pédiatre et députée de Paris, vient de déposer une proposition de loi visant à interdire les châtiments corporels, dont la fessée. “

S'il faut en passer par là pour changer les mentalités pourquoi pas ? on n'éduque pas avec des coups, en répondant  à la colère par la colère, à la violence par la violence, en véhiculant la crainte par une conduite inadaptée . Un enfant n'est pas génétiquement « programmé » pour marquer ses frustrations en se roulant par terre, en  insultant ou levant la main sur ses parents . Ces limites auxquelles il a besoin d'être confrontées pour bien grandir existent sous d'autres formes . Une loi pour imprégner les esprits d'un autre mode d'éducation …D'aucuns vont arguer qu'une bonne fessée n'a jamais tué personne et que certains enfants doivent même en manquer pour aussi mal se comporter et moi je me demande comment une marque d'impuissance et d'exaspération  peut être éducative . Entre les réactions épidermiques et imprévisibles de mon père à l'égard de l'enfant que j'ai été et la fermeté cohérente et contrôlée de ma mère, j'ai pu faire toute la différence .De l'un j'ai appris la méfiance, de l'autre le sentiment de sécurité . Contre l'un je me suis révoltée, en l'autre j'ai trouvé les appuis pour m'édifier . J'ai élevé mes enfants selon le même schémas de référence. A la maison, nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout et il arrive que nous discutions fort, mais jamais aucun d'entre nous n'a insulté, ni levé la main sur l'autre pour se faire entendre et respecter . J'ai travaillé avec des enfants perturbés par ses pratiques et j'entends la parole d'adultes marqués par cette forme d'autorité .D'abord une fessée et puis d'autres  et puis la facilité …  on ne meure pas forcément d'une éducation musclée mais on en sort souvent estropié.

 

Jamais mieux servi que par soi-même …

2 novembre, 2009

Deux encarts publicitaires parus à une semaine d’intervalle dans l’édition locale, le second en amende honorable pour l’erreur d’orthographe à Psychanalyste écrit  Psychanaliste…  Suivis d’un entretien avec le correspondant local pour la rédaction d’un article sur mon installation .

Pour être correspondant dans la parution locale, nul besoin d’être un crack en orthographe, ni oreille d’or et plume d’argent . Pour être correspond local il suffit d’avoir du temps ! pouvoir arriver à l’heure du café et  ne rien avoir à faire d’autre avant celle de l’apéro …

je n’avais prévu que le café, bien m’en a pris !  Une heure et demie pour ne rien dire, je vous jure pas un mot sur mon activité, juste entendre parler le monsieur de la sienne ! Une photo dans la boite, pas deux, comme ça pas d’hésitation pour choisir la meilleure et hop terminé …

J’ai passé une mauvaise journée hier, suivie d’une mauvaises nuit, à me demander quel genre d’article pouvait germer d’un pareil entretien  et ce matin j’ai reconnu ma tête dans le journal, accompagnée …du texte rédigé par mes soins, en préliminaire à notre entretien, deux fautes d’orthographe en plus …décidement il semblerait  que l’othographe ne soit pas une priorité au sein de la presse écrite locale . Enfin bon rassurée, j’ai fait passer le message que je souhaitais.

« Peu importe son implantation, à la ville ou à la campagne , il peut arriver à tout un chacun d’être confronté à des périodes difficiles de vie et d’éprouver le besoin de consulter  un psychanalyste ou un psychologue . A la difficulté de franchir cette étape, s’ajoute alors les contraintes matérielles, temps et distance pour se rendre aux séances . Une des raisons pour lesquelles j’ai  fait ce choix d’être psy à la campagne est de devenir partenaire du service de proximité proposé dans le domaine de la santé, convaincue que la psychanalyse n’est pas une discipline réservée à une population citadine et privilégiée, mais une option  thérapeutique ouverte à toute personne qui souhaite bénéficier d’un  accompagnement et d’un soutien psychologique à court ou moyen terme ,quelque soit sa localisation et le motif de sa première consultation …

Et pas d’autres perpectives pour le moment, que de m’installer dans la confiance en la vertu du temps de maturation necessaire avant de prendre les grandes décisions . j’ai gardé six mois dans mon porte feuille, le numéro de téléphone de mon premier psy, avant de le contacter pour un  premier Rv…

la Fin avec ce Début de l’Autre …

8 octobre, 2009

Mardi, une patience à qui je demandais ce qu’elle faisait pour elle, m’a répondue avec un grand sourire : je viens vous voir !

Je me suis rappelée avoir eu la même réponse voilà quelques années, je me faisais ce cadeau de me lever chaque mardi matin, avec le gout de m’apprêter et réfléchir à ce que je souhaitais évoquer au cours de ma séance du jour .

Je me faisais ce cadeau et c’est avec un réel plaisir et toujours un peu d’émotion, que je sonnais à la porte de ma psy , en imaginant le sourire avec lequel j’allais être accueillie, le respect et l’attention avec lesquels j’allais être écoutée…le coeur suspendu à l’enclenchement automatique de la porte, l'appréhension qu'elle reste close, comme il est arrivé une ou deux fois, et qu’il me faille faire demi-tour avec ma déception.

D'après Simone Korff Sausse, les Analystes sont des patients qui n’ont jamais guéri ! On devient Analyste parce que l’on continue à être en quête, c’est ce qui donne l’énergie et la passion, cette motivation particulière qui est la condition préalable pour que le dispositif de la psychanalyse prenne vie et devienne opérant …

Ce n’est pas si douloureux de ne pas guérir et de perpétrer la quête avec chaque patient, ce n’est pas douloureux de permettre à un sourire de prendre le pas sur les pleurs, la colère ou le découragement. A ce prix là, je n’ai pas hâte de guérir, même s’il faut y ajouter le pincement au coeur quand sonne la Fin, avec ce Début de l’Autre, ce moment où se séparent les chemins .

 

120 euros de leurre !…

7 octobre, 2009

Je viens de découvrir une de ces plates formes de service psy qui fleurissent sur internet …120 Euros de leurre , oup’s sorry c’est sorti tout seul …120 euros de l’heure, tel est le prix proposé pour écouter, aider, assister…  

Les professionnels qui affichent leurs services à ce tarif, c’est garanti : ne sont pas des charlatans, la preuve ils sont diplômés ! et ça il faut bien le reconnaitre, ouf, c’est rassurant .

Il est rassurant de savoir à qui l’on donne son argent… sans compter que pour ce prix là, ils sont forcément compétents .

J’imagine le client moyen … non là , j’ai tout faux, à 2 euros de la minute, le client n’est plus moyen …il a les moyens et tout intérêt à ne pas les perdre dès l’enclenché du chrono parce que rien que le temps  de dire bonjour lui coute déjà deux euros … Quand je reçois un patient, c’est moi qui suis gérante du temps que va durer sa séance et non l’inverse, entre quarante cinq minutes et une heure quinze…pour des honoraires de 30 euros, parce que pour moi le plus important est de permettre de dire, pas le temps que ça prend . Permettre de dire… en échange d’une écoute, d’une disponibilité, d’une déconnection de lieu, de TEMPS … un espace privilégié ou se poser.

Imaginez vous  faisant cette démarche avec un tic tac dans la tête et la vision d’un tiroir caisse qui s’ouvre et se referme !

Une perspective qui n’a rien de réjouissant et qui pourtant pourrait bien trouver sa place dans l’air du temps…

Comme un chien dans un jeu de quilles …

5 octobre, 2009

Comme un chien dans un jeu de quilles …telle est ma première impression .

Deuxième approche d’un grand méchant loup .

Celui-ci a une secrétaire, charmante, qui la semaine dernière, lors de mon premier contact m’a assurée qu’elle transmettrait mon appel au Docteur D. et verrait avec lui quand il pourrait me recevoir . Ce matin je viens aux nouvelles , ah … moins charmante, l’est même un peu gênée, elle a fait part de ma démarche au docteur D. qui ne lui a pas donné de réponse… elle prend sur elle de me noter un Rv au milieu de ses consultations et me prévient, « vous n’aurez qu’un quart d’heure … » sans ajouter les quelques heures d’attentes qui font la réputation de l’accompagnement des Rv donnés chez ce médecin …

Un quart d’heure pour accrocher et séduire mon interlocuteur . Autant dire qu’il ne me reste plus qu’à sortir le grand jeu ! …

 

Eh, eh …pourquoi pas


                                                                                            Annonce :

 

Psychanalyste compétente sérieuse et motivée , échange séances de thérapie analytique, contre séances de coatching …

 

Autant mettre toutes les chances de son coté !

 

l’ Epreuve du feu …

1 octobre, 2009

Hier soir j’avais Rv avec un des grands méchants loups, entendez par là, un diplômé universitaire en médecine qui, s’il accepte de vous recevoir risque de vous mettre sur le grill dans le but de lever la supercherie qui se dissimile derrière votre titre de psychanalyste.

Celui -ci, ne m’est pas hostile à priori, ce qui parait il, n’est pas toujours le cas . Il est poli , intéressé, curieux . Il me laisse parler du choix de mon installation en milieu rural, des besoins existants , de ma méthode de travail…et commence en me disant ,  «- pas de demande, vous savez à la campagne on vient chercher un anti-dépresseur,  pas l’adresse d’un psychanalyste » … ce à quoi je répond  « je crois qu’à la campagne comme partout, on va faire confiance à son médecin en suivant ses conseils et sa prescription » . J’ai marqué un point . Ce qui le titille est embarrassant à exprimer, mais il y vient, bien évidement …  «- Il n’existe pas de diplômes à votre profession … », « -ah non … », « n’importe qui peut acheter un divan, y faire s’allonger un patient et se déclarer compétent … », «- n’importe qui ! …mais en même temps comment enfermer dans cette preuve d’acquis qu’est le diplôme, une science de l’expérimentation ? …  Il faut savoir se faire confiance, fonctionner au feeling, c’est pourquoi je suis venue vous rencontrer, avant de faire ses preuves et de conforter dans un bon choix, il faut en avoir l’opportunité … »

Une heure pour convaincre, expliquer, rassurer, une heure pour cesser d’être l’un pour l’autre de parfaits étrangers.

Difficile de dire si j’ai aidé ce monsieur à penser différemment ou à calmer ses réticences . Je relèverai seulement qu’avant de nous quitter et qu’après quelques échanges sur ton de connivence, il m’a demandé si je pouvais lui laisser quelques carte et  lui expliquer comment trouver le chemin de mon cabinet …

Je vous tiens au courant …

la brève du jour …

28 septembre, 2009

Alors pour ceux qui suivent … ce matin j'ai décroché mon téléphone, pris contact  avec quelques médecins… et entre deux coups de fil , j'ai reçu celui d'une nouvelle patiente pour un premier rendez vous !…

Et là je vous laisse parce que …j'ai ma maison à ranger et le grand ménage à faire  !… 

Bonne journée à vous …

la crise ne tue pas la crise !…

27 septembre, 2009

Le calme après la tempête …si vous m'aviez vu hier , j’en connais plus d’un qui aurait été surpris de reconnaitre dans le numéro de la harpie déchainée …leur psy .

Il m’arrive régulièrement de sortir de mes gongs …un privilège que je réserve presque exclusivement à  mes proches . Problème de soupape, ou d’évacuation ? … La cerise qui fait déborder le vase et hop c’est l’explosion !  j’évacue la pression et ensuite je relativise . Je pourrais commencer par relativiser ?  vous avez raison , mais personne n’est parfait , même les psys dites donc ! surtout quand la cerise est plus grosse que le gateau  et que vous n’avez plus faim .

ASSEDIC, troisième …clap !

Trois semaines de délai , avant de connaitre la décision concernant l’allocation d’une indemnité compensatrice à une diminution de revenus et ce matin là au courrier, une grande enveloppe qui ressemble fort  à la réponse attendue . Effectivement je reconnais mon dossier, accompagné d’un courrier titré : demande d’allocation irrecevable pour motif suivant :

-        fournir l’original des documents… et non les copies.

La …dame, qui m’a reçue voilà quelques semaines et félicitée pour  la rigueur dans la constitution de mon dossier, la …dame, en question  m’a rendue les originaux et gardé les photocopies ……………………………………

Pas de quoi non plus !!!… Eh ben si … trois semaines de perdues et trois autres à attendre que l’on me signale peut être une autre erreur … me rappelle le contre temps dans la demande d’APL de ma fille,( deux dossiers égarés après avoir été déposés en mains propres, affaire en cours depuis mars dernier …) , du retard dans le versement  de sa bourse scolaire…de l’attente de remboursements de sécurité sociale remontant à l’hiver dernier !…et de ceux des frais de mission de mon mari pour des déplacements effectués dans le cadre de sa fonction à l’Education Nationale au cours de l’année scolaire 2008-2009…

Je trouve que c'est agaçant à la fin.

 


 

 

Abondance ou qualité ?

25 septembre, 2009

Minuit - 9h du matin , j’enchaine les rêves, tous en rapport avec les dernières conversations de la journée écoulée …c’est à dire pas grand chose bien souvent .

Du fait que l’interprétation de mes rêves est une des premières tâches auxquelles je m’adonne chaque matin, autant dire que je gagne du temps .

Deuxième exercice… me remémorer le  programme du jour qui commence et m’arranger toujours, pour y glisser autre chose que des corvées ! Sinon ou trouver l’envie de se lever ???

…Mes bonnes journées sont celles ou je vais travailler, je vais en dégouter certains mais pourtant c’est la stricte vérité ! les autres jours, hormis les week-ends, qui sont ceux de l’absence totale de culpabilité …besoin d’un minimum de temps pour me conditionner et trouver l’énergie de démarrer  .

…Avec au planning, ménage, courses, organisation des repas, des transports scolaires et du temps… beaucoup de temps à occuper !

Je pourrais en profiter pour reprendre des activités que j’aime ou que j’ai aimé ! Et bien non.

En fait, je remplis de peu d’activité mes journée. Même le ménage , surtout le ménage, je le remets à plus tard . Je rangerai ma maison quand j’aurai fini de ranger dans ma tête … pour le moment  je stocke, pêle-mêle des paroles, des conseils, des fruits et légumes de saison que je glane au détour d’un chemin  ou d’une conversation, je fais provision de matières premières que je tente de transformer au mieux …

Il pleut en Berry …

17 septembre, 2009

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Il pleut !

Une petite pluie obstinée, qui tombe tout droit depuis des heures, d’un ciel chargé de gris .

Une petite pluie qui transperce la brume silencieuse et ruisselle sur un sol fatigué qui s’abreuve d’elle .

Au pays de George Sand, s’écrit une nouvelle page .

Moissons et récoltes ont été belles et les bêtes se rassasient de la dernière abondance des pâturages .  

La terre se prépare pour une saison de repos mérité, imperturbablement sourde et indifférente, aux mouvements et chuchotements fébriles et inquiets de ceux qu’elle nourrit …

Il fera long et difficile, avant que ne refleurisse l’été .